Intéressons-nous maintenant aux temps forts du Challenge Européen Endurance Proto. Un plateau en pleine mutation, qui demeure l’un des piliers des meetings V de V Endurance Series.

1 – La maestria de TFT

Il n’est jamais évident de conserver son titre, mais l’écurie chère à Tony Pereira s’y attèle avec brio. Champions en titre et associés à bord de la Norma M20 FC n°2, Ander Vilarino, Alain Ferté et Philippe Illiano, malgré le nombre important de passages handicaps par les stands, sont déterminés dès le coup d’envoi à marquer une nouvelle fois la saison de leur empreinte. Ils envoient donc un signe fort en accrochant une première victoire en Catalogne, à laquelle succède un deuxième consécutif sur le très sélectif tracé de Portimao. Un podium s’en suit sur le Circuit Paul Ricard, et si Dijon doit être considéré comme un week-end « sans », ils retrouvent le Top-3 à Jarama, et la plus haute marche à Magny-Cours où ils demeurent invaincus depuis trois ans. Estoril se révèle donc une formalité, et alors qu’une 8e place leur suffit, la 4e leur permet de coiffer définitivement la couronne. Un bonheur n’arrivant jamais seul, TFT savoure le doublé au championnat grâce à la Norma n°6 de Bruno Bazaud, Philippe Thirion et Denis Caillon, par ailleurs lauréats du Prestige et auteurs de deux victoires à Dijon et Estoril ; et même le triplé grâce au concours, cette fois, de la Norma n°8 de Vincent Capillaire, Erwin Creed et Ilya Melnikov. Au total de l’année, la structure gersoise s’empare ainsi de cinq victoires sur sept possibles. Chapeau !

2 – La résistance de DB Autosport

Comme en 2016, l’équipe dirigée par le patron-pilote Daniel Bassora s’affirme comme une sérieuse prétendante au titre. Dans la foulée d’un podium décroché à Portimao, Damien Delafosse, Quentin Vaucher et Thomas Accary se présentent au Castellet avec de sérieux arguments à faire valoir. Ils évoluent en effet aux avant-postes tout au long de l’épreuve et s’imposent, revenant ainsi dans les talons des leaders du classement. Les escales à Dijon et à Jarama se révèlent plus compliquées, mais ils concluent la saison sur les chapeaux de roues, avec un nouveau podium à Magny-Cours. Ils terminent ainsi cette campagne 2017 au pied de celui-ci, terminant meilleurs classés derrière les équipages TFT.

3 – La résurgence d’Equipe Palmyr

Un an après, Equipe Palmyr retrouve la voie du succès. De l’Italie à l’Espagne, soit du Mugello, en septembre 2016, à Jarama, 12 mois plus tard, le team de Kosma Zarazik n’avait plus savouré le doux parfum de la victoire. Christophe Kubryk, Marc Faggionato et Antoine Weil ont cependant mis un point d’honneur à lui rappeler la sensation de s’imposer. Ce triomphe dans la banlieue madrilène – assorti de la première place en Prestige – ne doit cependant rien au hasard. En dépit d’une frayeur en début de course, l’équipage opère un retour au sommet, joue placé tout au long de l’épreuve, et Weil cravache en fin de parcours pour couper la ligne d’arrivée avec deux tours d’avance sur son dauphin. Comme le démontra l’équipage de la Norma n°6 TFT à Dijon, preuve est apportée que les amateurs – éclairés – possèdent eux aussi les mêmes armes – et le talent – pour prétendre à la victoire !

4 – L’émergence du moteur turbo

A la demande de V de V Sports, le préparateur RDM a développé un moteur 1,6 litre turbo, sur une base Peugeot, qui fut présenté au public à Magny-Cours, début octobre. Un mois plus tard, ce bloc, greffé à un châssis Norma, est aligné pour la première fois en course et exploité par l’écurie Graff qui confie l’auto à Eric et Adrien Trouillet, associés à Nicolas Marroc. Les qualifications, d’abord, soulignent la compétitivité du moteur puisque le trio s’élance depuis la 8e place sur la grille. La course de six heures, conclue au 8e rang, témoigne ensuite de sa fiabilité (il sera garanti 15 000 kilomètres en 2018) avec 200 tours et 836 kilomètres couverts, sans rencontrer le moindre souci technique. L’an prochain, une Balance de Performance permettra un équilibre entre les équipes qui auront opté pour ce moteur turbo et celles qui continueront à faire confiance au traditionnel 2,0 litres atmosphérique Honda.

5 – La déveine de CD Sport

La performance des Norma préparées par l’équipe de Claude Dégremont et Laurent Cazenave n’a jamais pu être prise en défaut. Jugez plutôt : sur les sept séances qualificatives, la n°14 de Kevin Bole-Besançon, Johan-Boris Scheier (remplacé à Estoril par Marc-Antoine Dannielou) et Inès Taittinger (remplacée à partir de Jarama par jean-Ludovic Foubert) s’est hissée à cinq reprises dans le Top-3, dont deux pole positions et une première ligne. Malheureusement, en raison de problèmes de fiabilité, malgré une préparation soignée et de nombreux tours menés, le podium s’est toujours refusé à eux. Une incompréhension, jusqu’au sein de la structure qui fut sacrée en 2015…